La nouvelle de l'été indien (en retard)

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C'est vraiment n'importe quoi
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collaboratif défi écriture

J’ai proposé il y a quelques temps à ma consœur critique (dont le site est tout comme elle en attente de connexion à l’Internet Planétaire suite à déménagement) un petit concours, non pas de cul-sec ou de mesure de parties intimes – ç’aurait été trop facile – mais de prose. Vous en trouverez les règles, ainsi que les textes des différents participants, sur le forum Hardware.fr. Je ne résiste cependant pas à l’envie de vous en copier ici l’introduction, les modalités étant détaillées dans le sujet idoine.

Quid du haut patronage, de la houlette, du qui m'aime me suive ?

La mer Baltique, là-haut sur son nuage tendre, la rosette de Lyon, le piment d'Espelette, l'espièglerie batracienne, les amis fidèles de la salaison chevaline et des petits lapins, et divers malfaiteurs amateurs de petites jupes noires, de rugby à XV, de complications horlogères, de bottes en caoutchouc, de tapenade, du brocciu, de corbières ou de chewing-gums à la cannelle (liste non exhaustive), il ne manque personne. Ou pas.

Le sujet de l'histoire et sa forme sont toujours libres, comme nos camarades, mais n'espérez pas, cette fois encore, échapper aux contraintes lexicales atroces et impératives !

Attention ! votre histoire (nouvelle, pièce en quatre actes, sonnet, pamphlet...) devra donc obligatoirement commencer par la phrase suivante :

Les hommes préfèrent les blondes.

D’autres atroces contraintes nous pendent aux gonades, mais il serait indécent de parler d’espadrilles ou de Marie Curie si tôt.

Voici donc ma contribution.


Les hommes préfèrent les blondes. Si le choix se présente, ils les affectionnent aussi vertes, et un peu grises. La palette du policé polisson contemporain est finalement assez restreinte.

Lars Hennick, commercial en placements financiers à chemisette, est l’un de ces chromatophages. Plus enclin à rouler des pelles à de petites reines vallonnées qu’à faire le tour de France des pédales matérialistes, ce jeune cadre dynamo-tantrique s’éprend depuis quatre ans de toutes les Marilyn des provinces qu’il croise.

De passage à Dammartin-sur-Tigeaux, il rencontre Frédérique à la laverie automatique de ses papas Omar et Johnny. Il met en œuvre stratagèmes et stratégies pour liquéfier le cœur de la pas-si-belle, s’acharnant plus que de passion, en rut et sans autre but que de faire mouiller la lavandière et lui faire avaler sa couleuvre amphibie. La faute à l’atmosphère moite, à cet alignement de machines à baiser ? Il n’imagine en fait que son orifice humide, car les hommes préfèrent les bondes.

Au bon vivant, dans le centre de Strasbourg, alors qu’il opte pour un aligot très conventionnel, la tenancière lui conseille une préparation expérimentale, qui marie curry et romarin, pour le bonheur de vos papilles. Entre ces plats en concurrence libre et non faussée, il choisit sans hésiter le champion de la patronne. Le fait qu’elle ait l’air de consciencieusement et fréquemment tester tous ses plats ne freine pas les ardeurs gloutonnes de Lars à son encontre. Même l’aspect peu ragoûtant de la mixture, quelques légumes épars ayant macéré visiblement trop longtemps et trop près du soleil, même le regard louche du supposé repris de justice au bar et la menace de son probable calibre, même l’odeur écœurante de choucroute qui emplit la salle n’y changent rien : de l’avis éclairé de la cuisinière, il n’y va pas avec le dos de la cuiller. Pourquoi se rendre malade pour une conquête de plus, grassouillette de surcroît ? Les hommes préfèrent les rondes.

Au détour d’une chope, lors d’un énième congrès sur Placements et Chemisettes en Bavière, où collègues et confrères en profitent pour consciencieusement se dépouiller de ce qui leur reste de vêtements et dignité, il marque un temps sur une fräulein attablée. Blonde, elle aussi, mais accompagnée, une ribambelle de marmots éloignant son attention de la vue de son déjà prétendant. Lars n’en a cure. Il vide d’un trait son boc et aborde la mamellée maman. Un premier refus poli ne tempère pas ses ardeurs, et l’alcool aidant, il insiste lourdement pour obtenir d’elle un coït qu’elle a manifestement déjà pas mal pratiqué. La bavaroise se lève menaçante pour souffleter l’importun, qui profite de l’occasion pour lui voler un baiser. La correction ne se fait pas attendre, et la génitrice manifestement gênée assomme Lars non pas d’un coup de chope sur le crâne, mais d’un vicieux coup d’espadrille dans les fondamentales. Se tenant les parties en gémissant, il se dit qu’après ça, elles vont marcher beaucoup moins bien, forcément. La voyant partir avec bambins, il se dit que malgré tout, les hommes préfèrent les fécondes.

Lars est aujourd’hui las de ces pérégrinations. Pourquoi produire tant d’effort et endurer tant de souffrances pour finalement si peu de résultats ? Et qu’est-ce qui le motive dans ces choix pour le moins atypiques ? Cette dernière mésaventure l’a cependant mis sur la piste, car au-delà d’un coup rapide pour l’entretien, ne cherche-il pas à répandre sa semence pour procréer plus que forniquer ? Tout est plus clair à présent dans sa tête, car il les préfère justement… Blondes.


À suivre : les résultats ?